Laëtitia Palmeri

Classé dans : Apprentis, Témoignages | 0
Laëtitia Palmeri

Laëtitia Palmeri, 25 ans

1ère année de CQP* à l’IRFMA de Rivesaltes – Apprentie au Garage Vincent Picard à Perpignan

« Démonter un turbo, ça ne s’apprend pas en théorie »

Toute jeune, je voulais faire de la mécanique. Mais au collège, la conseillère d’orientation m’a orientée vers la coiffure, l’esthétique. J’ai tenu une semaine en coiffure puis j’ai travaillé dans la restauration rapide jusqu’à mes 20 ans. Mais je ne me voyais pas y faire carrière… Je me suis dit que c’était le bon moment pour commencer une formation en mécanique.

Pour être sûre, j’ai suivi une formation avec la MLJ pour tester trois métiers pendant six mois. J’ai choisi électricien auto, dépanneur poids lourds et mécanique auto. J’ai fait un stage chez un électricien auto pendant un mois puis deux stages de deux semaines en mécanique auto. Ça été une révélation : je veux faire ce métier ! Je me suis alors présentée dans 200 garages pour faire mon CAP en apprentissage mais je n’ai eu que des réponses négatives. Non ce n’est pas possible, c’est trop tard, on a déjà un apprenti cette année… J’ai alors déposé des CV sans photo. Jusqu’à ce qu’un garage me rappelle sur un malentendu en pensant que j’étais un garçon. Pour les convaincre, j’ai proposé un stage d’une semaine et j’ai réussi à décrocher un contrat d’apprentissage. Après le CAP je souhaitais changer de garage, j’étais première de ma classe avec des notes que je n’avais jamais eues au collège ! J’avais 21 ans quand j’ai commencé, je savais pourquoi j’étais là, j’étais super motivée. Quand il a fallu démonter un moteur, j’ai terminé avant les garçons. J’ai envie d’apprendre, j’écoute, je suis au premier rang, je suis là pour ça. Les professeurs de l’IRFMA m’ont aidée à trouver mon maître d’apprentissage, Vincent Picard et je suis chez lui depuis la mention complémentaire.

Comme je me suis arrêtée au collège, je voulais continuer les études et avoir un diplôme plus valorisant. Mon maître d’apprentissage était d’accord pour que je poursuive en CQP. Tout se passe super bien, je n’ai pas de problème d’adaptation. Mon maître d’apprentissage me fait confiance, il me fait réaliser de gros travaux. Démonter un turbo ça ne s’apprend pas en théorie ! C’est forcément de la pratique.

Dans ma famille personne ne fait de mécanique, j’ai toujours adoré les voitures, petite je les connaissais toutes… Une de mes premières voitures, je l’ai complétement démontée pour vendre les pièces. En faire mon métier et être payée pour ça, c’est super ! Démonter un turbo, ouvrir une boîte de vitesse, un moteur… J’aime les travaux de grosse mécanique plutôt que les travaux d’électricité comme la recherche de panne avec valise, les défauts d’électrovanne.

Après le CQP, j’aurai 5 ans de mécanique. Ce sont de bonnes bases, j’aimerais rester dans le garage. Mon maître d’apprentissage a un projet pour me garder à un poste plus polyvalent. C’est du sur-mesure, car je ferais également de l’accueil et de la réception client. C’est un plus, car je suis capable de faire un pré-diagnostic, d’évaluer le temps nécessaire à la réparation, d’effectuer la réparation puis de faire la restitution au client. Je trouve que c’est un bon compromis, j’adore la mécanique, je suis 7 jour sur 7 en bleu de travail, alors au bout d’un moment j’ai envie de m’habiller en fille.

 

*CQP : Certificat de qualification professionnelle Technicien Confirmé Mécanique Automobile